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Milieux agricoles

9 août 2011

Aménager les milieux agricoles pour allier production et faunes sauvages

 Lièvre, lapin, perdrix, faisan, alouette, caille, pigeon, tourterelle, grive

Dans leurs démarches, les chasseurs se sont préoccupés du territoire agricole en proposant aux agriculteurs de l’aménager pour concilier développement agricole et biodiversité.

La plaine céréalière :
Suite à l’intensification de l’agriculture, les exploitations agricoles se sont spécialisées, les cultures uniformisées, les éléments fixes (haies, talus chemins) ont été arasés pour agrandir les parcelles. La diversité de couverts offerts aux espèces a nettement diminué, l’objectif est alors de recréer cette diversité, plusieurs actions doivent être menées : implantation de couverts favorables à la faune, plantation de haies, entretien des chemins…

Un outil créé par les chasseurs : la jachère environnement faune sauvage

Jachère faune sauvage, UNFDC
En 1993, l’UNFDC (Union Nationale des Fédérations Départementales des Chasseurs) et l’ONC (Office National de la Chasse) proposaient au Ministère de l’Agriculture une adaptation des jachères issues de la réglementation de la Politique Agricole Commune (PAC) afin de donner à ces parcelles un intérêt environnemental en faveur de la biodiversité. Se créaient ainsi les jachères environnement faune sauvage (JEFS). Sur les terres non cultivées vont alors pouvoir être semés des couverts variés intéressants pour l’ensemble de la faune : plantes fourragères ou mélanges de céréales sans vocation de récolte. Ils apportent à la fois refuge et nourriture ; la technique culturale est primordiale : date et densité de semis, absence de broyage. Plusieurs études ont mis en évidence l’efficacité de ces jachères environnement faune sauvage.

Conscients de l’intérêt faunistique mais bien entendu également agronomique de ce type de jachère, les agriculteurs sont rentrés dans le partenariat dès la première année. En 2005, le bilan national dénombre plus de 30 000 ha implantés par plus de 10 000 agriculteurs, répartis sur l’ensemble du territoire national. C’est aujourd’hui encore le seul outil dérogatoire à la PAC en faveur de la biodiversité, d’une telle ampleur, mis en œuvre par le monde associatif. Ces parcelles restent éligibles aux aides PAC comme toute autre jachère.
Si certes, les agriculteurs ont apporté leur pierre à cet édifice, il est certain que l’implantation de ces jachères environnement faune sauvage engendre quelque coût supplémentaire notamment en matière de semences. C’est pourquoi les chasseurs ont accepté de prendre en charge une partie des frais. Ils déboursent ainsi plus de 1,6 millions d’euros. Devant une telle motivation des acteurs de terrain, devant la démonstration de l’efficacité de ces jachères, dans la plupart des régions les conseils régionaux ont aidé les fédérations à développer cet outil.

Hors de la réglementation PAC ou des exploitations agricoles, d’autres parcelles de terrain en friche ont été implantées de la même façon avec l’accord de propriétaires. Ceci concerne plus particulièrement les régions du Sud de la France où les superficies de jachères sont faibles selon le type de cultures.

Les pouvoirs publics, conscients de l’intérêt de cet outil, ont repris ce principe pour le proposer aux agriculteurs dans le cadre des mesures agro-environnementales aidées par l’Europe : l’agriculteur s’engage sur un cahier des charges pour une durée de 5 ans, en contrepartie de quoi il reçoit une aide financière de l’Europe.

La plantation de nouvelles haies :
Les intérêts agronomiques des haies sont multiples : protection contre le vent, refuge des insectes auxiliaires des cultures, lutte contre l’érosion du sol et le ruissellement de l’eau. L’intérêt en faveur de la biodiversité ne concerne pas que les chasseurs : les passereaux ou autres oiseaux sont très friands des baies que leur offrent les arbres des haies. Dès les années 1980, les chasseurs se sont mobilisés pour réimplanter des haies sur leur territoire, en 1995 l’opération Sainte Catherine coordonnée par l’Union Nationale des Fédérations Départementales des Chasseurs mettait en évidence ces actions. Aujourd’hui nous comptons plus de 2 000 km de haies implantées avec l’aide et le soutien financier des Fédérations Départementales des Chasseurs. Les personnels des Fédérations conseillent et suivent les agriculteurs et les chasseurs pour ces actions.

Je suis agriculteur, soucieux de la faune, que puis-je faire ?

  • essayer de varier les cultures voisines sur votre parcellaire
  • essayer de limiter la taille de parcelles
  • implanter des jachères faune sauvage au milieu d’un ilot de culture ou d’herbe
  • laisser une petite bande enherbée (légumineuses) en bord de chemins, entre parcelle, à côté d’une haie
  • maintenir et entretenir les haies
  • ne pas broyer les jachères du 15 avril au 15 juillet,
  • période la plus critique
  • faire attention aux pratiques de fauche et de moisson
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Fédération Nationale des Chasseurs

Avec 1 200 000 pratiquants, la chasse est le troisième loisir préféré des français.

Les chasseurs de France, à travers un réseau associatif structuré et dense participent activement à la protection de la nature et à l'aménagement des territoires ruraux.

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